La chronique de la rédaction Une humeur de Jonas Legge

Eliane Tillieux ne cache pas sa colère. Dans un long "testament" envoyé à nos confrères de L'Avenir, l'ex-ministre wallonne de l’Emploi et de la Formation crache son fiel sur l'ancien partenaire cdH.

Dans la missive, la socialiste explique que le parti humaniste a débranché la prise gouvernementale car il est "affolé par les sondages et menacé de disparition". La Namuroise s'en prend également à Benoît Lutgen qui, à ses yeux, n'est pas un homme d’Etat mais plutôt "un homme d’états d’âme".

Avec l'éviction d'Eliane Tillieux et le choix de Maxime Prévot de redevenir bourgmestre plutôt que ministre, la ville de Namur n'a plus aucun représentant au sein de l'Exécutif régional. Et ça, pour Eliane Tillieux, ça ne passe pas non plus. "Il est déplorable que par tout ce cirque, la capitale de la Wallonie ne soit même plus représentée par un ministre au gouvernement wallon", écrit-elle.

Ce qui est déplorable, c'est qu'Eliane Tillieux considère qu'un ministre représente sa ville d'origine et non l'ensemble des administrés wallons. Certes, chaque politique est élu dans une circonscription électorale. Mais une fois désigné par son parti pour entrer dans un gouvernement, il doit immédiatement cesser les prises de position et décisions partisanes. Peu importe l'affect qu'il a pour sa cité, un ministre ne doit avoir pour ambition que le bien commun et l'intérêt général. Tant que les plus hauts représentants du peuple ne le comprendront pas, la défiance à leur égard ne se dissipera pas.

Pour éviter ces favoritismes locaux, les présidents de parti doivent aussi prendre leurs responsabilités en cessant de désigner les ministres en fonction des équilibres régionaux. Seule l'excellence du profil doit s'imposer.

Le "renouveau politique" désormais clamé par tous les partis passera aussi par là.