La chronique de la rédaction

La rentrée judiciaire a été placée sous le signe du rire. Désopilant mais pas seulement.

Le 27 janvier, c’était la rentrée du barreau de Charleroi. A lire le compte-rendu qu’a donné des interventions entendues ce jour-là Me Frédérique Laurent (dans la dernière livraison de la tribune d’Avocats.be) on n’a pas dû s’y ennuyer.

Me Dephine Sokolski était l’oratrice de service et elle avait choisi de démontrer que notre société est aujourd’hui beaucoup plus liberticide, en matière d’expression, “qu’au temps des Coluche, Desproges, Hara-Kiri, Guy Bedos et autres Inconnus”.

A lire Me Laurent sa consoeur s’est livrée à un véritable festival, fustigeant au passagesles ligues de vertu “qui font rien qu’à déposer plainte contre des humoristes de plus en plus timorés et qui nous obligent à user et abuser d’euphémismes ou de périphrases, puisqu’on ne peut plus appeler, dans nos sociétés modernes, un chat une chatte”.

“Dorénavant”, a scandé Me Sokolski, “il n’y a plus de vieux mais des seniors ou des chronologiquement avancés que l’on entasse dans des séniories. Il n’y a plus d’aveugles mais des malvoyants – même s’ils ne voient plus rien du tout. Les malentendants ou déficients auditifs ont remplacé les durs de la feuille ou les sourdingues. Fini les nains, les nabots, les rasemoquette ou les lutins. Les personnes de taille… ridicule sont devenues des sujets à verticalité contrariée tout comme les obèses sont devenus des sujets à horizontalité exacerbée, des personnes de forte corpulence ou encore des victimes de la malbouffe (…) Il n’y a plus de races mais des ethnies, plus de racisme, seulement un syndrome sécuritaire. Plus de Noirs ni de Bamboulas, seulement des hommes de couleur ou des mélanodermes”.