La chronique de la rédaction

Un commentaire de Dorian de Meeûs.

Chacun vit ou survit comme il le peut après un drame personnel. Que ce soit un deuil, une rupture ou un viol, personne n’a LA solution pour surmonter de telles épreuves. La décence et la dignité humaine imposent que l’on respecte cela en famille, entre amis ou en public.

Pourtant, l’ancienne responsable écologiste Sandrine Rousseau, qui a le courage de dénoncer le harcèlement sexuel dont elle a été victime, n’a aucunement été remerciée de briser le silence. Pire, elle a été humiliée publiquement par les inquisiteurs Christine Angot et Yann Moix sur France 2. Ce spectacle affligeant, déplorable et scandaleux ne peut qu’inciter les victimes à se murer dans leurs silences alors qu’il faudrait au contraire féliciter madame Rousseau de « Parler », comme l’indique si justement le titre de son livre.

L’abomination ne s’arrête pas là, puisque le lynchage sous les projecteurs est long, très long. Tellement long que même Christine Angot en a perdu son sang-froid, a hurlé sur le plateau, a renversé ses affaires et est partie se réfugier dans sa loge. Mais cela, braves téléspectateurs, la production a préféré ne pas vous le montrer par... "élégance" précise-t-elle. Un comble, alors qu’on a eu droit à chaque larme qui coule sous les yeux d’une Sandrine Rousseau en détresse. Cette séquence enregistrée et montée est indigne. Un tel spectacle fait honte au service public français.

Christine Angot a le droit de penser ce qu’elle dit, même d’affirmer qu’après un harcèlement, "on se débrouille, c'est comme ça". Mais, bien qu’elle-même ait été victime de telles violences, elle n’a pas le droit d’imposer sa façon de penser, de juger et de condamner les autres si brutalement. D’autant que l’attitude et la fragilité de l’auteure française laissent à penser que son problème n’est pas vraiment réglé. On espère pour elle qu’elle trouvera des oreilles plus attentives que les siennes pour l’aider à survivre sereinement à son passé.