La chronique de la rédaction

Il faudra donc s’habituer. S’habituer aux camions tueurs. S’habituer aux Noëls inquiets. S’habituer au vin chaud couleur sang. Il faudrait s’habituer, vraiment ? Berlin suggère que oui. Berlin répond que non.

Du flot de réflexions que suscite désormais tout drame terroriste, on retiendra le texte d’un écrivain suisse, François Cherix, militant pour l’adhésion de son pays à l’Union européenne. Publié dans le quotidien "Le Temps", sa tribune a été beaucoup partagée sur les réseaux sociaux, y compris en Belgique. Manifestement, elle fait écho chez de nombreux citoyens.

"Notre temps a une furieuse odeur d’années 1930", stipule l’auteur. La suite exprime en quelques phrases le ressenti grandissant d’une certaine frange des sociétés occidentales, plutôt urbaine, plutôt éduquée, plutôt jeune. En symbiose avec celle-ci, effaré par le Brexit autant que par Donald Trump, Cherix dénonce "les cumulus noirs d’un nationalisme renaissant" et "les coups de tonnerre des populistes". La liberté (de circulation, notamment) est de moins en moins valorisée, constate-t-il avec dépit. Partout, la notion d’autorité gagne en force.

Une chronique signée François Brabant.