La chronique de la rédaction

Il y a un mystère Di Rupo. Le Montois appartient de longue date à la caste des indéchiffrables, semblable en cela à François Mitterrand, le prince de la dissimulation, son modèle politique.

Le plus fascinant, dans ce trait de caractère, c’est que, plus le temps passe, plus l’homme s’affiche, moins il se révèle. Au contraire, le mystère autour de sa personne ne cesse de s’épaissir. Cela fait dix-huit ans qu’Elio Di Rupo préside le Parti socialiste et son attitude, au moment où le PS est menacé de disparition, laisse plus que jamais songeur.

Pourquoi ne comprend-il pas ? Qu’il devrait passer la main. Que la splendeur d’avant ne reviendra plus. Que son obstination insensée détruit de jour en jour son propre héritage politique - le maintien en Belgique francophone d’une gauche forte, à rebours de la tendance générale en Europe.

Louise Attaque et l’euphorie

Ce mystère nous renvoie aux ressorts de l’individu Di Rupo. S’imagine-t-il capable de remonter la pente, à la seule force de sa volonté ? Se conçoit-il comme un être exceptionnel, béni des dieux, au point de croire en une victoire électorale éclatante en 2019, contre toute logique ? En formulant ces questions, on repense à une chanson de Louise Attaque, à ces quelques mots que l’on pourrait apposer sous les photos de tous les grands de ce monde, comme une anti-légende. "Faut pas se laisser gagner par l’euphorie de croire qu’on est un homme important." Scandées, martelées par la voix chevrotante de Gaëtan Roussel, ces paroles figurent sur le morceau qui ouvre l’album "Comme on a dit", sorti en janvier 2000.

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