La chronique de la rédaction

Le scandale est neuf, mais sa trame si ancienne. C’est le plus troublant dans l’affaire Publifin, ex-Tecteo. L’opacité de ce holding liégeois, paravent de la société Nethys ? Connue de longue date. Les gras émoluments de ses dirigeants, administrateurs et consultants ? Connus de longue date. Le parfum d’isolationnisme principautaire ? Connu de longue date. L’ambition bifide de Stéphane Moreau - le cerveau gauche en politique, le droit dans le business ? Connue de longue date.

Pas gênés, les acteurs politiques n’en jouent pas moins l’indignation, feignant de découvrir, les yeux comme des soucoupes, ce qu’ils savaient déjà. Dans cette kermesse grotesque, l’opiniâtreté d’une poignée de journalistes a bien sûr joué un rôle. En faisant la lumière sur quelques éléments précis, ces valeureux plumitifs - souvent liégeois - ont forcé un débat qui, sinon, n’aurait pas eu lieu.

Mais la crise découle aussi d’un autre paramètre : les vents dominants ne sont plus ceux d’il y a dix ans. "Les temps ont changé", annonçait Michel Daerden, très dylanien pour le coup, dans une interview accordée il y a déjà… longtemps. C’était à l’automne 2010, avant le gouvernement Michel, avant le gouvernement Di Rupo même, autant dire il y a un siècle.