La chronique de la rédaction

Le Forem a tendu cette semaine le bâton pour se faire battre. Faut dire qu’après les fêtes, juste avant la rentrée scolaire, l’actualité est un peu faible. Les réseaux sociaux se sont déchaînés. On a tout lu, tout vu. Du drôle et du moins drôle, jusqu’aux propos indignés tenus avec une hauteur parfois insupportable. On s’est moins indignés, sur ces réseaux, des propos racistes tenus à l’égard d’une victime belgo-turque de l’attentat d’Istanbul, que sur ce dérapage sexiste.

Mais qu’en est-il exactement ? Dans un magazine régional gratuit (édition tournaisienne), la direction locale du Forem a fait paraître une annonce pour une formation qualifiante d’auxiliaire de ménage. C’est désormais de cette manière "trendy" que l’on nomme un homme ou une femme de ménage.

Rien de honteux évidemment, si ce n’est la mise en forme de l’annonce. On y voit une petite fille, bigoudis dans les cheveux, habillée d’un tablier suranné à souhait, gantée de rose et équipée d’une peau de chamois et d’une bouteille de produit d’entretien. Un texte précise : "Osez réaliser vos rêves… Devenez auxiliaire de ménage." Soit ! Si ce métier n’est en aucun cas indigne et qu’il propose des débouchés professionnels sérieux, le plus gênant, sans doute, réside dans la référence qui est faite aux rêves d’enfants à réaliser. C’est là-dessus et sur le fait que ce métier pourrait intéresser les seuls membres de la gent féminine, qu’on reste sceptique, bien entendu.

Du côté de la direction du Forem, l’administratrice générale, Marie-Kristine Vanbockenstal, reconnaît la faute : "Il y a eu un manque de vigilance de notre part et cette affiche est passée entre les mailles du filet. Notre équipe de communication a mis en place une campagne de dix affiches consacrée aux métiers en pénurie. Sur la dernière affiche, un pas de trop a été franchi. Du coup, nous sommes tombés dans le cliché sexiste, chose qui nous désole étant donné tous les supports que nous utilisons et qui disent l’inverse."

Si l’affaire est pathétique, l’erreur est assumée et corrigée. Au Forem on a passé la journée de mercredi à battre sa coulpe. On peut considérer que l’affaire est close. Il serait injuste de réduire le Forem à cette faute de goût. On ne va pas non plus exiger une commission parlementaire spéciale, retransmise en direct, au parlement wallon. Pitié ! Non…