La chronique de la rédaction


Un commentaire de Dorian de Meeûs.


"Supprimons la croix de la mitre de saint Nicolas afin de n’exclure aucun enfant de la fête !" C’est – en gros – ce qui a été décidé par Solidaris de manière entièrement assumée lors de la confection d’un concours destiné aux enfants. Car, selon la mutualité socialiste, une croix sur la mitre isolerait immanquablement les enfants laïques ou d’une autre religion que chrétienne.

La conclusion la plus simple pour ‘ces créatifs’ aurait été de choisir le personnage du Père Noël pour éviter de sombrer à ce point dans le ridicule. Car, quoi qu’ils décident, saint Nicolas reste un « saint », soit un personnage religieux inspiré de l’évêque de Myre (fin du IIIème siècle). C’est d’autant plus pathétique comme décision que personne ne voit dans ce rendez-vous annuel une fête chrétienne. Encore moins l’Eglise qui se distancie plutôt de ce folklore populaire.

Mais pourquoi vouloir, année après année, s’attaquer à une fête traditionnelle, bon-enfant, sympathique et familiale sous de fallacieux prétextes de laïcité, racisme, stigmatisation, paternalisme exacerbé... ? Pour favoriser le vivre-ensemble ? Qui peut croire une seule seconde qu’on facilitera les échanges entre les gens et les générations en tentant coûte que coûte de gommer notre passé et les racines chrétiennes de nos traditions ? Au contraire, c’est le mélange des cultures qui déterminera le vivre-ensemble de demain. Et cela ne suffira pas. Pour que ce mélange prenne, il faut qu'il s'appuie sur une connaissance des cultures et des traditions réciproques. Si la rencontre des cultures est fructueuse, le choc des incultures et des ignorances est très dangereux. En ce sens, le patrimoine - qui dit d'où l'on vient et permet de discerner qui on est - est une richesse qui grandit le dialogue. Gommer toute origine pour favoriser la rencontre est un contresens.

C’est la logique communautaire qu’il faut bannir, car elle isole chacun dans ce qu’il est censé être au regard des autres.

Il est possible de s’ouvrir aux autres sans se renier. Alors, vive saint Nicolas, vive Père Fouettard et vive le Père Noël !