La chronique de la rédaction

L'histoire jugera si le 19 juin 2017 restera dans les annales comme le jour où Benoît Lutgen aura réalisé un coup de génie, un vil coup bas ou un simple coup dans l'eau. On ne s'attardera pas ici sur les raisons stratégiques de la décision du CDH et de son président de détruire la coalition avec le Parti socialiste. On se penchera plutôt sur les conséquences du divorce PS-CDH au beau milieu d'une législature.

Si les nouvelles majorités tardent à se mettre en place, une inédite période d'instabilité pourrait s'ouvrir en Wallonie et à Bruxelles, alors qu'une série de réformes sont à moitié adoptées et que de nouvelles compétences issues de la sixième réforme de l'Etat sont à moitié intégrées dans les entités fédérées.

On ne parle pas ici de dossiers futiles. On vous parle du versement de vos allocations familiales. De la réforme des aides à l'emploi. De la modernisation de l'école prévue dans le Pacte pour un enseignement d'excellence. De la mise en place d'une assurance-autonomie pour les personnes dépendantes. Du plan Marshall de redressement économique. Et cetera. Et cetera.

Ces dossiers, que vont-ils devenir ? Alors que des élections communales et provinciales sont prévues en 2018 et qu'un méga-scrutin (régional, fédéral et européen) est programmé pour 2019, le temps « utile » (entendez, hors période préélectorale) est compté. Toutes ces grandes réformes, ces dossiers sensibles, c'est maintenant qu'il faut les faire atterrir.

Mais avec la période d'incertitude qui s'ouvre ; avec la recherche de nouvelles coalitions à Bruxelles et à Namur ; avec les longues et difficiles négociations qui vont s'ouvrir entre de nouveaux partenaires qui devront apprendre à se connaître et voudront imprimer chacun leur marque sur les programmes de gouvernements ; avec des gouvernements qui n'auront que peu de temps pour appliquer ces programmes, le risque existe qu'en faisant tomber une majorité au beau milieu d'une législature, ce ne soit pas un coup gagnant pour le citoyen. Mais plutôt un sale coup.

L'Histoire jugera.