La chronique de la rédaction

Le mercredi 21 avril 2004, la cour d’appel de Gand condamnait trois associations satellites du Vlaams Blok. Cet arrêt était sans équivoque: il établissait le caractère raciste du parti flamand d’extrême droite. La cour avait estimé que les trois ASBL gravitant dans l’orbite du Vlaams Blok avaient enfreint la loi de 1981 qui réprime le racisme et la xénophobie et considéré que la propagande du parti nationaliste flamand était une incitation permanente à la ségrégation et au racisme.

Des médias francophones, parmi lesquels La Libre, avaient salué l’importance de l’arrêt et le courage des juges gantois. Du côté flamand, certains, au sein de la classe politique mais surtout de la presse, n’avaient pas hésité à stigmatiser ces réactions, considérant qu’elles allaient “victimiser” le Vlaams Blok, devenu Belang, qu’il allait pouvoir se présenter en Calimero avec pour conséquence de le renforcer auprès d’une opinion flamande peu encline à recevoir des leçons de la part des francophones. A les entendre, il aurait presque mieux valu que la cour eût absous le VB.

Quelques années plus tard, en été 2008, le président de la N-VA, Bart De Wever, faisait l’objet de menaces de mort (cela s’est répété plusieurs fois depuis lors) provenant, disait-on, de francophones. La presse néerlandophone et ses éditorialistes avaient ressorti le couplet selon lequel si le risque de violences enflait et si Bart De Wever était menacé de mort, c’était la faute de la presse francophone, qui jetait de l’huile sur le feu et se comportait comme “la Pravda du FDF”. Nos confrères du nord, trempant leur plume dans le picrate communautaire, avaient exprimé leur ras-le-bol des attaques “fascistoïdes” de la presse du sud.

Pourquoi évoquer ces vieux souvenirs? Parce que l’histoire a une fâcheuse tendance à se répéter.

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