Diplomatie pour les nuls

Une diplomatie pour les nuls signée Philippe Paquet. 

C'est devant Independence Hall, à Philadelphie, là où furent signées la Déclaration d'indépendance (en 1776) et la Constitution des Etats-Unis (en 1787), là où, par conséquent, comme devait le rappeler lundi soir Barack Obama, le pays est né, qu'Hillary Clinton a clôturé sa campagne électorale, la première d'une femme investie par l'un des deux grands partis politiques américains. 

Clôturé, pas vraiment en fait, car la candidate démocrate, qui veut absolument démentir Donald Trump quand il affirme que sa rivale n'a pas l'énergie nécessaire pour être présidente, a ajouté en dernière minute un ultime rassemblement électoral à Raleigh, en Caroline du Nord, à minuit ! Un rallye à Raleigh à minuit, on aura tout vu.

Le meeting à Philadelphie n'était donc pas le dernier, mais c'était probablement le plus impressionnant (vingt mille personnes se pressant dans le magnifique quartier historique de Philly, cela a de la gueule, même si les électeurs démocrates ne beuglent pas comme les partisans de Trump). Et le plus émouvant. La candidate avait à ses côtés son mari et sa fille (un rare moment ensemble, a-t-elle souligné, puisque les membres du clan ont sillonné séparément le pays pour battre le rappel des fidèles et secouer la conscience des indécis), mais aussi les Obama, mari et femme. Pour eux également, c'était une dernière, en quelque sorte.

« La dernière chose que je peux sans doute faire pour mon pays en tant que Première Dame, c'est de vous exhorter à aller voter », a lancé Michelle Obama, en sachant que le vote anticipé a encore peu de succès en Pennsylvanie (alors qu'ailleurs, 40 millions d'Américains avaient déjà fait leur choix lundi soir) – dans ce « swing state » crucial, la plupart des électeurs iront donc, ou n'iront pas, voter ce mardi. C'était aussi probablement la dernière fois que la First Lady introduisait publiquement son mari en tant que président des Etats-Unis.

Pour Barack Obama, le moment était celui du bilan et des adieux. Celui du souvenir, huit ans après qu'eut commencé « le plus improbable des voyages ». Un moment bien choisi, parce que, après avoir écrit une page d'histoire en élisant le premier président noir, les Démocrates se préparaient peut-être à en écrire une autre, en perçant le plus solide et le plus épais des plafonds, celui qui empêchait une femme d'occuper le Bureau ovale depuis deux cent quarante ans. Retraçant les progrès réalisés sous sa présidence, Obama a conclu : « Ce n'est plus 'Yes, We Can', mais 'Yes, We Did' ! »

Yes, you did, Man, and it was great !