La diplomatie pour les nuls

La diplomatie pour les nuls, par Philippe Paquet.

Quel auteur n’a pas eu envie d’être traduit en chinois ? La perspective d’être publié à des millions d’exemplaires a de quoi enfiévrer les imaginations, comme en témoigne la présence ces jours-ci, au Salon international du livre de Pékin, d’éditeurs venus de cent pays. La médaille a son revers, toutefois : il faut "s’adapter aux conditions locales", ce qui, dans le domaine des sciences humaines, revient à se censurer.

Les participants au salon de Pékin n’ont eu aucun mal à s’en souvenir. Samedi dernier, les vénérables Presses universitaires de Cambridge (CUP) avaient annoncé avoir dû bloquer, "à contrecœur", l’accès en ligne à 315 articles de la non moins prestigieuse revue sinologique "China Quarterly", dont elles assurent la diffusion. Elles réagissaient ainsi à une injonction de leur partenaire chinois, parce que, relevaient-elles, c’est l’ensemble du catalogue des CUP qui, autrement, courait le risque d’être mis à l’index à Pékin.