La diplomatie pour les nuls

Un des exercices les plus délicats en politique est de concéder sa défaite avec panache. De Benoît Hamon, qui n’est jamais parvenu à entrer dans la campagne présidentielle, on pouvait craindre qu’il ne sache pas en sortir. Il aura réussi à décevoir en ce moment aussi. En annonçant un ralliement à Emmanuel Macron qui allait de soi, devait-il souligner qu’il s’y résignait bien que le vainqueur du premier tour "ne soit pas de gauche" ? Ne suffisait-il pas de préciser, comme il l’a fait, qu’il établissait une distinction entre "un adversaire politique et une ennemie de la République" ? En déclarant leur soutien au candidat d’En Marche au second tour, les ténors de la droite n’ont pas éprouvé, eux, le besoin de rappeler qu’ils ne partageaient pas ses convictions. Il n’est pas jusqu’à François Fillon qui n’ait, pour l’occasion, montré une dignité qui a, en revanche, manqué à Jean-Luc Mélenchon.