Diplomatie pour les nuls Un débat présidentiel dure, aux Etats-Unis, une heure et demie. En France, plus du double, même en décomptant le temps de la pub - coincer les candidats à la magistrature suprême entre les lunettes Afflelou et les meubles Ikea, voilà, soit dit en passant, un sacrilège qu’on n’oserait pas commettre outre-Atlantique. Evidemment, les bretteurs étaient cinq (et ils auraient même dû être onze : l’affrontement se serait alors prolongé jusqu’à l’aube). Il n’empêche qu’on ne pouvait rêver plus convaincante illustration d’une vérité : les hommes politiques non seulement parlent pour ne rien dire, mais ils adorent aussi s’écouter parler, et plus encore quand ils sont français. Le pouvoir, à Paris, est dans le verbe.
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