Diplomatie pour les nuls

Une chronique de Philippe Paquet

On croyait naïvement que la fidèle et astucieuse Penelope tissait, dans son Ithaque de la Sarthe, les étoffes destinées aux costumes de son mari, en attendant patiemment qu’il revienne de Paris. Or, n’apprend-on pas que le candidat de la droite et du centre se fait en réalité habiller par un tailleur chic de la rive gauche, Arnys, filiale de LVMH depuis son rachat en 2012 ? On découvre de surcroît que des factures pour plus de 48 000 euros y ont été réglées par des amis.

"Cela n’est pas exact, naturellement", a protesté François Fillon en dénonçant, dans les révélations du "Journal du Dimanche", un effet de manche. On sait que l’ancien Premier ministre reproche aux médias de vouloir lui tailler des croupières et de mener à cette fin une véritable "chasse à l’homme". Il s’est emporté lundi contre ces "centaines de journalistes" qui fouillent "dans les poubelles", a-t-il dit, pour s’occuper de ses costumes, de ses chemises et, pourquoi pas ?, de ses caleçons [sic]. "On a quand même encore le droit de recevoir des cadeaux dans cette société", a lancé Fillon à l’adresse des bouseux de la presse, qui renouvellent leur garde-robe chez H&M ou C&A.