La diplomatie pour les nuls

La diplomatie pour les nuls par Philippe Paquet.

François Fillon a continué de naviguer entre "complot" et "machination", ce week-end, comme d’autres tombaient jadis de Charybde en Scylla. Samedi, en déplacement au Pays basque, il a proposé à des journalistes une variation sur le thème esquissé jeudi dernier sur France 2 en jugeant probable qu’il ait été mis sur écoute dans le cadre de l’enquête judiciaire qui le frappe, et en estimant que, dans cette éventualité, François Hollande devait être informé de ses communications. Dimanche, sur Europe 1, le fidèle président du Conseil des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, surenchérissait en considérant que la probabilité de telles écoutes était "extrêmement forte".

La théorie de la conspiration - ourdie par la justice, les médias, la gauche, les orangs-outangs, les extraterrestres - est une judicieuse diversion. Donald Trump l’avait déjà utilisée et cela lui a plutôt bien réussi. François Fillon a raffiné le procédé en soutenant que ce n’est pas lui qu’on cherche à abattre, mais celles et ceux qui ont tellement besoin qu’il vienne les sauver. Accueilli samedi à Biarritz par des bruits de casseroles et des jets d’œufs, le candidat a dénoncé une insulte ainsi faite aux "millions de Français" qui le soutiennent. Au début du "Penelopegate", il s’était révolté à l’idée qu’on s’attaque à sa femme.