"I'm a poor lonesome President"
Les Français ont-ils le chic pour embarrasser les Américains? "La diplomatie pour les nuls", par Philippe Paquet.
- Publié le 10-02-2014 à 18h30
- Mis à jour le 20-02-2014 à 14h40

Un commentaire de Philippe Paquet.
Les Français ont-ils le chic pour embarrasser les Américains? Au premier jour de la visite officielle de François Hollande aux Etats-Unis, lundi, la principale organisation du patronat français, le Medef, a annulé à la dernière minute la conférence de presse que devait donner son président, Pierre Gattaz. "Pour des raisons diplomatiques et de préséance", indique-t-on. Certes! Mais fallait-il être abonné aux services de renseignement de la NSA pour savoir qu'il serait inconvenant de brûler la politesse au chef de l'Etat?
Les responsables du protocole de la Maison-Blanche en ont de toute façon vu d'autres depuis qu'ils ont appris que M. Hollande avait congédié la Première Dame de France et viendrait donc sans elle à Washington. Ils ont d'abord très sérieusement pensé, rapporte la presse américaine, que le Président français se ferait accompagner par Julie Gayet (ont-ils cru aussi qu'ils arriveraient tous deux chez Barack Obama amoureusement calés sur un scooter ?). Une fois convaincus du contraire, ils ont dû réaménager le programme pour l'adapter aux exigences d'un célibataire.
A la poubelle, pour commencer, les trois cents cartons d'invitation au dîner de gala de ce mardi soir qui portaient le nom de Valérie Trierweiler (l'intéressée aurait peut-être aimé pouvoir en conserver un comme souvenir). A refaire, ensuite, le plan de table, avec pour épineuse question : qui placer à côté de Barack Obama ? (D'aucuns ont suggéré de mobiliser pour l'occasion Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, qui au moins parle anglais). A prévoir, enfin, les mauvaises surprises : si l'on danse après le repas, qui mettre dans les bras du président français ? Si Michelle Obama s'y colle, que faire si des photos parviennent à "Closer" ?
Le président américain n'a décidément pas de chance avec les femmes conviées à ses dîners de gala. Quand Ronald Reagan en donna trente-cinq et Bill Clinton vingt-trois, Barack Obama n'a encore organisé que six de ces prestigieux banquets. Et il lui a pourtant fallu déjà essuyer une humiliante déconvenue, à l'automne dernier : la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, fâchée d'avoir été espionnée par les anciens collègues d'Edward Snowden, se décommanda quand tout était prêt.
Bon prince cette fois encore, BarackObama a emmené François Hollande en excursion, lundi, sur les traces de Thomas Jefferson en Virginie. Jefferson passe pour avoir été le plus francophile des présidents américains. Mais il fut aussi un séducteur. Nommé ministre en France par le Congrès, il eut à Paris une liaison, brève mais ardente, avec une jeune artiste anglaise déjà mariée, Maria Cosway. Jefferson lui écrivit, après son retour à Londres qui le laissa "plus mort que vivant", une lettre devenue célèbre dans laquelle "la tête et le cœur" échangent leurs terribles arguments.
