La diplomatie pour les nuls

Ce fut probablement le discours le plus consternant dans la longue histoire des Nations unies. On ne savait pas trop quoi attendre de la première intervention de Donald Trump devant l'Assemblée générale de l'Onu, mardi, à New York, mais, même en se préparant au pire, on aurait eu du mal à imaginer ce que le président américain, au pouvoir depuis exactement huit mois ce mercredi, a assené aux délégations des 193 pays membres de l'Organisation. Le choc a été tel que l'Assemblée a visiblement accusé le coup, murée quasiment de bout en bout dans un silence fait de stupeur et d'incompréhension. Il n'est pas jusqu'à l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Onu, Nikki Haley, qui n'ait paru, elle aussi, incrédule et gênée aux entournures.

Il y avait d'abord la forme. Donald Trump a semblé éprouver des difficultés à lire le texte qui défilait sur les téléprompteurs transparents placés de part et d'autre de la tribune. Son regard était inexorablement rivé sur ces appareils, à l'usage desquels il n'est pas du tout rompu. On se souvient que, dans les meetings de sa campagne électorale, il improvisait joyeusement, répétant à l'envi les mêmes slogans, enrobés d'exégèses rudimentaires. Pas question, bien entendu, de reproduire l'exercice devant les dirigeants du monde entier pour traiter de problèmes complexes. Le Président ayant consacré beaucoup de temps à la préparation de son discours, nous a-t-on dit, on aurait pu malgré tout espérer le voir plus à l'aise dans sa restitution orale.

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