La diplomatie pour les nuls

Le discours de Donald Trump devant l'Assemblée générale des Nations unies, mardi, est certainement appelé, pour de mauvaises raisons, à faire date dans l'histoire. L'appel du président américain à coaliser les forces du Bien contre l'axe du Mal (dans une version un peu différente de celle jadis définie par George W. Bush : Corée du Nord, Iran et Venezuela, désormais, l'Irak ayant quitté l'enfer pour le purgatoire) était à ce point irrationnel qu'il laisse le champ libre à d'autres dirigeants de la planète pour occuper maintenant le terrain de la raison, ce dont n'ont pas tardé à profiter de très improbables candidats.

Ainsi a-t-on entendu cette phrase, mercredi, à la tribune des Nations unies« Il serait dommage que l'accord soit détruit par de nouveaux voyous en politique internationale ». Elle n'a pas été prononcée par Angela Merkel, Theresa May, Justin Trudeau ou Emmanuel Macron, à l'encontre d'un quelconque dictateur en rupture de ban avec la communauté internationale. Non, on la doit au président iranien, Hassan Rohani, qui évoquait l'accord nucléaire conclu en 2015 par les Cinq Grands plus l'Allemagne, et visait Donald Trump après qu'il eut redit, la veille, le peu de cas qu'il faisait de la signature américaine au bas de ce document.