Edito

Un édito de Sabine Verhest.

Quand les deux champions du monde de la diatribe incendiaire - l’Américain Donald Trump et le Nord-Coréen Kim Jong-un - se lancent dans la surenchère verbale, la situation devient forcément explosive. On peine à voir lequel des deux - le twitto imprévisible ou le parano militariste - reviendra à la raison en premier. L’Asie du Nord-Est, là où se croisent les intérêts des pays les plus puissants de la planète - de la Chine au Japon, des Etats-Unis à la Russie -, est devenue un chaudron. Donald Trump jure de régler le "problème nord-coréen" et paraît brûler d’en découdre. Kim Jong-un multiplie les tirs de missiles et menace les territoires sud-coréen, japonais et américain. Dans ce contexte anxiogène, on se raccroche à l’idée que l’état-major américain saura garder la tête froide pour son Président - car la riposte nord-coréenne se révélerait terrible pour Séoul - et que Kim, en se dotant de l’arme nucléaire, veut avant tout assurer la survie de son régime et non voir son pays rayé de la carte du monde. L’on veut dès lors croire que, malgré les délires verbaux de l’un et de l’autre, les frappes restent difficilement imaginables.