Edito

Un Edito de Francis Van de Woestyne.

Il y a une vingtaine d’années, une société belge organisait chaque hiver des séjours à la montagne pour des journalistes et des parlementaires européens. “Organisait”, c’est-à-dire que les participants étaient invités, avec leur compagne, dans le meilleur hôtel de Val d’Isère, pension complète, cours de ski offerts. Chacun recevait un bel équipement qu’il pouvait, s’il le souhaitait, conserver… A l’époque, on trouvait cela “normal”. Aujourd’hui, si la tradition s’était prolongée, le fisc ou la justice se saisiraient du dossier. Les mentalités évoluent dans le bon sens. Pas toutes. L’octroi de primes de départ aux élus qui héritent d’un job politique lucratif fait partie des éléments d’un système à changer.

La question qui fait débat est celle-ci. Stefaan De Clerck, parlementaire CD&V depuis 23 ans, deviendra bientôt président du CA de Belgacom. Comme tout élu qui quitte son assemblée, il a droit à une indemnité. La sienne : 270 000 euros. Choquant ?

1. Si Stefaan De Clerck est dans les conditions pour bénéficier du système, il est juste qu’il en fasse usage. Mais il peut aussi poser un geste – refuser ce parachute doré – considérant que l’attribution d’un tel pactole ne correspond pas à l’esprit : une aide au reclassement.

2. Certes, il peut y avoir des situations dans lesquelles le parlementaire, comme un autre travailleur qui perd son emploi, a besoin de quelques mois “pour se retourner”. Une protection sociale est nécessaire.

3. Mais lorsqu’un élu, en raison de son statut politique, hérite d’une fonction rémunérée (ici 100 000 euros par an), pareille prime ne devrait plus être accordée. Il ne s’agit pas céder à quelque populisme ambiant, mais de veiller à ce que les élus de la Nation soient condérés comme de vrais serviteurs de l’Etat et non comme des gens qui se servent de l’Etat.