Edito

L'édito de Francis Van de Woestyne.

Peut-on faire confiance à la N-VA ? Difficile.

1. En quête de respectabilité institutionnelle, la N-VA affirme haut et clair que son objectif est désormais le confédéralisme et non plus le séparatisme. La meilleure façon de le prouver serait de supprimer cette notion dans ses statuts. Or la N-VA a toujours pour objectif de créer un Etat flamand indépendant, membre de l’Union européenne. Peut-on vraiment croire à la sincérité des nationalistes flamands ? Ou tentent-ils simplement d’amadouer des électeurs horrifiés par cette perspective séparatiste ?

2. Qu’est-ce que le confédéralisme ? La notion n’a jamais pu être définie en droit belge. Normalement, c’est l’association de deux Etats indépendants. Dans ce cas-ci, il semble que la N-VA veuille vider l’Etat fédéral de sa substance en confiant le maximum de compétences aux entités fédérées. Deux grandes (Flandre et Wallonie) et deux autres (Bruxelles et la Communauté germanophone). Crédible ? Il est hors de question de faire de Bruxelles une Région croupion. Ce qu’il faut, surtout, c’est organiser la coopération entre les composantes du futur Etat fédéral afin que celles-ci soient plus partenaires que rivales. Cette coopération porte un nom : le fédéralisme.

3. Les médias flamands se posent la question : De Wever sera-t-il candidat Premier ministre ? Là, on se pince… Bart De Wever a un avantage. Il avance à visage découvert. Adversaire déclaré de l’Etat belge, il en deviendrait le chef de gouvernement… ? Donneriez-vous la clé de votre maison à un pyromane récidiviste qui se présente chez vous avec un bidon d’essence et des allumettes ?