Edito

Un édito de Christophe Lamfalussy.

Ce dimanche 16 avril, les électeurs turcs auront bien plus qu’un bulletin de vote dans les mains. Ils auront à choisir dans quel pays ils veulent vivre. Derrière les 18 amendements constitutionnels proposés par leur président Recep Tayyip Erdogan, se profile un système présidentiel fort, comme jamais la Turquie n’en a connu depuis Atatürk, le fondateur de la République. En coulant ses ambitions dans le bronze, Erdogan aspire à régner en maître absolu de la Turquie, faisant et défaisant les ministres, nommant qui il l’entend aux plus hauts postes de l’Etat.

Erdogan a fait du bien à la Turquie aux premières années de son pouvoir, mais depuis le coup d’Etat avorté de juillet 2016, une folle mécanique s’est mise en place. Environ 50 000 personnes ont été arrêtées, près de 100 000 ont été licenciées. Et 158 médias ont été fermés. Avec une violence verbale inouïe, lors de la campagne électorale, Erdogan a approfondi les divisions internes de la Turquie.