Edito

Un édito de Francis Van de Woestyne.

Vous l’avez sans doute remarqué en lisant votre journal depuis quelques jours : quand Facebook veut, par exemple, persuader les citoyens belges que les règles de confidentialité de la plate-forme sont préservées, quel canal d’information utilise-t-elle ? Le journal papier. Et quand les journaux veulent augmenter leur audience, diffuser leurs informations, leurs primeurs, leurs analyses, quel canal utilisent-ils ? Facebook. Autre exemple de complémentarité. 

Tentant de contourner la presse traditionnelle, jugée trop critique à leur égard, pour s’adresser directement à leurs concitoyens, des hommes politiques - aux Etats Unis, en France mais aussi en Belgique - utilisent Twitter ou Facebook. Que remarque-t-on ? Que les messages en quelques signes sur Twitter ou les longues démonstrations sur Facebook n’ont en réalité d’impact global et collectif que lorsqu’ils sont repris, diffusés plus largement par les quotidiens, dans leur version papier ou sur leur site Internet. L’harmonie est-elle en train de s’installer sur la toile ? Oui, mais ne soyons pas naïfs. Les réseaux sociaux, bien maîtrisés, constituent une formidable opportunité pour les journaux. Depuis de nombreuses années déjà, la presse a créé des sites d’informations dont le succès va grandissant. 

Ainsi, l’audience globale des journaux de qualité est en progrès constant. Si la vente au numéro se stabilise, les abonnements numériques suivent de jolies courbes ascendantes. La publicité que Facebook diffuse largement ces derniers jours le démontre : les journaux demeurent des éléments de certification et de référence alors que sur la toile, le meilleur côtoie le pire. Mais la toile est aussi un outil extraordinaire pour les citoyens : les communautés qu’ils développent permettent de diffuser largement des idées, des concepts. Il y a donc de la place pour tout le monde. Mais l’équilibre doit encore être trouvé. Car comme le révèle notre dossier de "La Libre Entreprise", les géants de l’économie numérique sont des champions de l’optimisation fiscale et profitent, en Europe, de l’absence d’harmonisation entre Etats. La coexistence harmonieuse n’empêche pas la vigilance.