Edito

Un édito de Xavier Ducarme.

Il est de bon ton, actuellement, d’accabler de tous les maux l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Accusée par certains de légèreté dans la crise du fipronil, voilà que d’autres, parmi lesquels le ministre wallon Carlo Di Antonio (CDH) la considèrent au contraire trop "tatillonne", particulièrement à l’égard des petits producteurs wallons. Comme s’il y était préférable d’être intoxiqué par un produit artisanal que par un aliment acheté dans la grande distribution. Soit.

L’Afsca a été créée en 2000 dans la foulée de la crise de la dioxine, qui avait contaminé à grande échelle les œufs, le poulet et le porc belges, du Nord comme du Sud du pays. Un scandale qui avait alors retenti comme le trop-plein d’une actualité alimentaire surchargée, qui avait plongé la population dans une crise de confiance sans précédent à l’égard de la production alimentaire. Les crises sanitaires succédaient alors aux crises sanitaires : le bœuf aux hormones, la vache folle, le hachis à la listeria, le poisson au mercure, le lait à la dioxine des incinérateurs, les poires aux insecticides, sans parler des salmonelles qui, à intervalles réguliers, provoquaient des intoxications, d’une ampleur parfois spectaculaire.