Edito

Un édito d'Hubert Leclercq.

"Coup d’Etat contre la démocratie", selon les autorités espagnoles de Madrid. "Exercice légitime du peuple catalan", selon la Generalitat de Barcelone. Entre ces deux pouvoirs, la rupture est consommée. Le parlement catalan, du moins les tenants de l’indépendance qui y sont majoritaires, a donc décidé de passer en force pour obtenir cette séparation du reste de l’Espagne qu’ils appellent de leurs vœux. Le combat est disproportionné.

Madrid dispose de bien plus d’atouts que Barcelone. Un combat qui aurait pu séduire le héros de Cervantès mais qui, aujourd’hui, en ce début de XXIe siècle, fait craindre le pire. Barcelone n’a pas les moyens de son combat. Madrid le sait, elle qui peut s’appuyer sur la constitution espagnole de 1978. Elle sait aussi que malgré son poids économique, la Catalogne n’est qu’un Petit Poucet sans appui international crédible face à la puissance espagnole, soutenu par l’Union européenne et les textes des Nations unies qui prévoient qu’une partie d’un Etat ne peut se séparer que s’il y a consensus (Ecosse) ou sous un joug oppressif (Kosovo).