Edito

L'Edito de Francis Van de Woestyne

Ces dernières heures, les nationalistes flamands nous ont offert un spectacle inhabituel : cacophonie, confusion entre la ligne Siegfried et la ligne Bart, excuses, rappel à l’ordre… Le parti nous avait habitués à plus de discipline. Les confédéralistes ont-ils perdu le Nord ? Est-ce le début de la fin ? Analysons cela sans passion.

1. Une feuille morte ne fait pas l’automne. Ce n’est pas parce que, dans le sondage du Soir, la N-VA perd quelques feuilles que le parti est fini. Bien loin de là. Les troupes de Bart de Wever conservent plus de 30,7 % d’intentions de vote, soit 2 pc de plus que lors de leur victoire historique de juin 2010. Trois autres partis flamands doivent se liguer pour rivaliser, en poids électoral, avec la N-VA. Mais c’est un signe : la cure d’amaigrissement ne touche pas que le président du parti.

2. La perte - relative - d’influence s’accompagne aussi d’une perte de cohérence. Il y a quelques jours, Siegfried Bracke, député N-VA, a lancé l’idée de constituer rapidement après les élections de 2014, un gouvernement socio-économique, quitte à reléguer au second plan le confédéralisme si cher au parti. Le sang des vrais nationalistes n’a fait qu’un tour. Abandonner l’article 1er des statuts, l’indépendance du pays ? Nooit ! Ja-mais. Bracke ne s’est pas braqué et comme un pécheur, il a présenté ses plates excuses aux défenseurs d’un plat pays indépendant. C’était juste une idée perso.

3. André Cools assurait qu’il existait un chat à Flémalle, unique au monde, qui arrivait à sortir le lait du café au lait. C’était une légende. C’est pareil avec la N-VA. Son programme est un tout, à prendre ou à laisser. Il est impossible de séparer le venin (le nationalisme) du reste (le programme libéral).