Edito: le Danemark tel qu'on ne l'aime pas
Le message qu'envoie Copenhague aux demandeurs d'asile et autres migrants est on ne peut plus limpide : passez votre chemin ou passez à la caisse. Un édito de Sabine Verhest.
- Publié le 26-01-2016 à 19h07
- Mis à jour le 27-01-2016 à 07h46

Le message qu'envoie Copenhague aux demandeurs d'asile et autres migrants est on ne peut plus limpide : passez votre chemin ou passez à la caisse.
Encarts dans la presse arabophone, durcissement des conditions de séjour, baisse des prestations sociales : le Danemark met tout en œuvre, depuis quelque temps, pour se faire rayer de la carte du monde de l'asile. Comment mieux procéder aujourd'hui qu'en enjoignant à la police de fouiller les bagages des migrants pour leur confisquer leurs bijoux ? Qu'en interdisant pendant trois ans à un père d'enlever sa femme et ses enfants à la guerre ?
Le pays nous avait habitués à beaucoup mieux, lui qui consacre 0,7 % de sa richesse à l'aide au développement. Cette politique modèle d'un Etat souvent érigé en exemple social est complètement éclipsée par les mesures populistes, contre-productives et vexatoires que les parlementaires, de droite comme de gauche, ont adoptées mardi. Si l'on peut comprendre que le Danemark, l'un des Etats européens accueillant le plus grand nombre de demandeurs d'asile par habitant, veuille réduire la pression, on ne peut supporter que cela se fasse sans un minimum d'humanité et d'empathie. Sans aller jusqu'à comparer les confiscations danoises avec la saisie des biens juifs par les nazis, on ne peut qu'être profondément bouleversé par cette idée de déposséder des réfugiés du peu qu'ils sont parvenus à sauver des ruines de la guerre et des extorsions des passeurs. On l'est encore plus lorsqu'on sait que ce genre de mesures existe également en Allemagne, sans que personne ne s'en soit ému. Si l'objectif est de faire participer le réfugié à son accueil, il existe des moyens nettement plus respectueux des valeurs européennes.