Edito

Un édito de Philippe Paquet

Liu Xiaobo a enfin été libéré. Parce que, souffrant d’un cancer en phase terminale, le prix Nobel de la paix, incarcéré depuis 2009 et âgé de 61 ans, n’a plus qu’un temps limité à vivre. Cette atroce réalité a permis au régime communiste de poser un de ces "gestes humanitaires" qui lui épargnera la mort ignominieuse en prison d’un de ses grands intellectuels.

Car Liu, professeur de littérature et écrivain, n’a utilisé que son stylo pour critiquer la dictature en place, Exerçant son droit constitutionnel à la liberté d’expression, il n’a fait que stimuler le débat d’idées sur l’avenir d’un pays qu’il a toujours aimé, puisqu’il ne l’a jamais quitté (en dépit des multiples occasions qui se sont présentées). Il n’a dit, pour l’essentiel, que ce que beaucoup de ses compatriotes pensent et espèrent, à savoir que la modernisation de la Chine doit aller de pair avec sa démocratisation.