Édito: Michel doit siffler la fin de la récréation
Soyons clairs. Ça fait des années que la concertation sociale est grippée. Mais, aujourd'hui, elle est gravement malade. Un édito d'Antoine Clevers.
- Publié le 14-12-2014 à 19h08
- Mis à jour le 15-12-2014 à 07h16

Soyons clairs. Ça fait des années que la concertation sociale est grippée. Mais, aujourd'hui, elle est gravement malade.
Notre modèle de société repose sur une forme d'entente cordiale entre les divers courants - politiques, communautaires, confessionnaux, économiques - qui le traversent. Or, la société belge contemporaine n'a jamais été autant polarisée qu'en ce moment. Gauche contre droite. Travailleurs contre patrons. En soi, ce n'est pas grave, puisque c'est la conséquence d'une élection démocratique et de la mise en place d'un gouvernement parfaitement légitime.
Ce qui est inquiétant, en revanche, c'est le cynisme politique qui - restons prudents - semble se dégager de cette configuration inhabituelle.
Aucun signe d'ouverture tangible. Ni de la part des organisations patronales. Ni des représentants des travailleurs. Ni de la droite. Ni de la gauche. Ni du gouvernement. Ni de l'opposition. Ni d'un Bart De Wever, qui n'a aucune raison de défendre un modèle belge qu'il exècre. Et à qui profite le crime ? Aux mêmes… Qui se renforcent mutuellement. On ose espérer qu'il n'y a pas de calculs électoraux derrière tout cela. Le profond malaise du CD&V, parti centriste, n'est évidemment pas surprenant.
Le problème, c'est que la tension dans la rue est palpable. On est soit "avec", soit "contre". Dès mardi, lendemain de grève nationale, le Premier ministre Charles Michel doit siffler la fin de la récréation. Il doit mettre lui-même les mains dans le cambouis pour éviter tout dérapage dramatique.
Si la concertation sociale doit être sauvée, ce n'est pas par nostalgie. Non, c'est avant tout pour défendre une certaine idée (belge) du vivre ensemble.