Edito

Un édito de Francis Van de Woestyne.

Les temps changent. Pendant de très nombreuses années, la voiture a été le symbole de la réussite, de la puissance, de la richesse. "Mon auto, c’est ma liberté", claironnait-on dans les années 70. Et pour permettre aux déesses des routes de s’engouffrer dans les villes, on construisit des autoroutes urbaines, quitte à défigurer des quartiers. Dans le même temps, pour contourner une fiscalité confiscatoire, notamment envers les cadres et les employés, le système des voitures de société fut imaginé, au bonheur des grands enfants que nous restons. Mais bientôt, le parc automobile, certes de qualité, envahit de plus en plus nos routes au point d’asphyxier les villes. Résultat : Bruxelles est aujourd’hui une des villes les plus embouteillées; à Anvers, ce n’est guère mieux. L’impact budgétaire de ces embouteillages est considérable. Le système des voitures de société encourage les usagers à effectuer les trajets domicile/lieu de travail dans leur belle auto. Ainsi, le matin, des dizaines de milliers de voitures, dans lesquelles il n’y a qu’une seule personne, avancent comme des limaces.