Edito

Un édito de Francis Van de Woestyne.

En permettant à Léonarda (photo), cette lycéenne kosovare expulsée de France, de rentrer seule dans l’Hexagone, sans sa famille, le président français a confirmé son incapacité à trancher dans des dossiers délicats.

Reconnaissons-lui tout d’abord un mérite. Le président français a raison sur un point. Il y a eu, à la base de cette affaire, une maladresse des services de police qui ont interpellé la jeune kosovare dans le cadre d’un voyage scolaire. Comme cela semblait être la règle avant, il est indispensable que l’école soit "sacralisée". L’émotion de la jeunesse française n’aurait d’ailleurs pas été aussi vive si l’intervention avait eu lieu hors du temps de l’école. Car le dossier de la famille de Léonarda Dibrani était difficile : 8 recours avaient déjà été rejetés et la personnalité du père ne traduisait pas, c’est le moins qu’on puisse dire, une réelle volonté d’intégration.

Mais la solution proposée par le président français est catastrophique. Pour trois raisons. D’abord, sa décision d’autoriser la jeune fille à poursuivre sa scolarité en France contredit une décision de justice. Y aura-t-il désormais en France des lois sur mesure ? C’est la pire des gouvernances. Ensuite, en l’autorisant à rentrer seule, François Hollande place la jeune fille devant un impossible dilemme : elle doit choisir entre son cœur et sa scolarité. Enfin, et cela confirme les craintes que l’on pouvait nourrir à l’égard de François Hollande, un homme intelligent, intègre, mais incapable d’imposer un choix. Un chef, disait Jacques Chirac, ça doit savoir "cheffer". En tentant de faire plaisir à tout le monde, Hollande s’est mis tout le monde à dos. Il perd, jour après jour, le peu d’autorité qu’il lui restait. Et dire qu’il doit tenir jusqu’en 2017. Pauvre de lui. Pauvres Français. Pauvre France.