Edito

Un édito de Philippe Paquet.

"Je pense qu’il y a des torts des deux côtés." Ces mots, stupidement prononcés lors d’une conférence de presse chaotique à la Trump Tower, mardi, ont provoqué un séisme politique aux Etats-Unis en révélant un Président dépourvu non seulement des compétences professionnelles nécessaires au bon exercice de sa fonction (ce que six mois d’erreurs et d’errements avaient déjà largement démontré), mais aussi des qualités morales sans lesquelles le locataire de la Maison-Blanche ne saurait prétendre inspirer, guider et incarner la nation dont il a la garde.

En rendant les suprémacistes blancs et leurs détracteurs pareillement responsables des incidents à Charlottesville, samedi dernier, en mettant ainsi sur le même pied l’extrême droite et ceux qui dénoncent son discours haineux, Donald Trump a dramatiquement légitimé le racisme dans son pays. De la part d’un homme qui n’hésite pas à se comparer en toute modestie à Abraham Lincoln, la faute semble plus énorme encore.