EDITO: Rien ne peut justifier cette barbarie

Francis Van de Woestyne Publié le - Mis à jour le

Edito Un édito de Francis Van de Woestyne.


Un geste, tout d’abord. S’incliner devant les victimes. Partager la douleur des familles.

Une nécessité. Rendre hommage à ceux qui ont porté secours aux blessés.
Un sentiment. La colère, le dégoût. La rage.
Un cri. Non.

Une attitude: faire face. Debout.

L’horreur, la barbarie ont fini par frapper Bruxelles. Depuis les attentats de Paris en janvier et en novembre dernier, on sentait la menace se rapprocher de la Belgique. On avait fini par s’habituer à ce climat pesant, espérant que les terroristes finiraient par renoncer à leurs actes criminels, aveugles, barbares, sanglants. Ou qu’ils seraient neutralisés.
L’arrestation de Salah Abdeslam avait rendu un certain espoir à la population et renforcer le crédit de ceux qui luttent, pied à pied, jour après jour, contre ce mal absolu qu’est le terrorisme. L’arrestation de cet homme révélait – on l’espérait – la supériorité des forces de police contre ces petites frappes minables. Mais non. Bruxelles a été touchée en plein cœur. Des innocents sont morts. Ils partaient en vacances, rentraient au pays. Ils allaient au travail, à l’école.

Rien, rien ne peut justifier une telle barbarie. Ce carnage absolu nous rappelle cruellement, douloureusement que la lutte contre le terrorisme ne sera jamais finie. Face à ces combattants de l’apocalypse, face à ceux qui sont prêts à mourir pour leur cause – mais quelle cause ? – les démocraties doivent, mieux encore qu'hier, s’organiser voire s’armer pour protéger la population. Car toutes les mesures prises depuis plusieurs mois n’ont pu empêcher les atrocités commises à Bruxelles le 22 mars 2016. Il faudra, le moment venu, mesurer l’efficacité des dispositifs pris et évaluer les résistances auxquels ceux-ci ont été confrontés. Mais l'heure n'est pas à la polémique. L'heure est à la solidarité, au recueillement.

La question n'est pas non plus de savoir, maintenant, si la Belgique a été à la hauteur ou non. Oui, il y a eu des failles. Mais seul, un pays ne peut lutter efficacement contre un tel mal. La réponse, pour être forte et efficace, doit être européenne, internationale.

Quoi qu'il en soit, le message doit rester clair. Rien, absolument rien, pas même cette barbarie, ne doit nous empêcher de maintenir vivantes nos valeurs : la liberté, la tolérance. Parce que ces valeurs sont belles et universelles. Elles sont les nôtres depuis des siècles et jamais nous ne les abandonnerons.

Notre volonté de vivre, celle du peuple belge et de tous ceux qui sont confrontés à cette pourriture, ne doit pas faiblir. Nous devons rester optimistes. Faire face, debout. Car sombrer dans le désespoir, la haine, la violence, à l’égard de quiconque, ce serait, précisément, donner raison à ces fanatiques.