Edito

Un édito de Gilles Milecan.

Dévastées, les Philippines voient arriver de l’aide provenant des quatre coins du monde. Autant de témoignages de solidarité. Autant de compassion. Autant de sollicitude. Autant d’empathie. Autant de gestes salutaires.

Pourtant.

Pourtant, la formation du Typhon Haiynan a pu être observée. Les satellites météo ont suivi heure par heure sa musculation. Les modèles mathématiques ont calculé assez correctement sa trajectoire.

Malgré cela, le bilan des pertes humaines est dramatique et les dégâts matériels sont démesurés pour un pays "du Sud".

Sur place, les mesures d’évacuation, aux rares endroits où elles ont été prises et/ou suivies, n’ont pas été suffisantes pour limiter les conséquences de la catastrophe. Ne parlons même pas des structures de protection, quasi inexistantes.

Le deuil accompli, c’est bien sur la prévention et la préparation qu’il s’agira de se pencher.

Car Haiynan illustre, de la plus tragique des manières, l’enjeu de l’adaptation, au sens large, des pays pauvres aux conséquences de tous ordres des changements climatiques.

En se gardant d’établir des liens hâtifs, il est indéniable que les conséquences affligeant l’archipel philippin sont identiques à celles que destinent les climatologues aux pays confrontés en première ligne à ces phénomènes naturels.

C’est avant de reconstruire qu’il faut se demander où et comment le faire, qu’il faut simultanément installer les dispositifs d’aide à l’évacuation adaptés aux personnes et aux lieux où elles vivront.

Outre l’aide d’urgence, sans laquelle des catastrophes sanitaires et sociales sont, elles aussi, prévisibles, c’est une reconstruction durable, c’est-à-dire adaptée aux circonstances prévisibles, qu’il faut soutenir financièrement. Sans attendre que l’évitable se reproduise.