Edito

Un édito de Francis Van de Woestyne.

Enfant, Laurette Onkelinx avait été fascinée par ce monde pourtant dur et très macho, qu’est la politique. Souvent, dans le salon familial, elle écoutait les conversations que son père, Gaston, fougueux syndicaliste, tenait avec les amis, les voisins qui venaient lui raconter leurs problèmes de santé, de fins de mois difficiles.

Jeune avocate, elle est arrivée en politique sur la pointe des pieds. Lorsqu’elle fit son entrée au Parlement, son père la présenta, fier comme Artaban à quelques amis politiques. Ces vieux briscards sourirent en la voyant arriver, timide, le visage caché dans cette épaisse chevelure qu’elle doit à sa maman, originaire de Kabylie. "C’est sans doute ce que tu as fait de mieux", rirent-ils à gorge déployée, avant même de savoir ce que la fille de Gaston avait dans la tête.