Edito

Jamais une campagne électorale présidentielle française n’a connu autant de rebondissements. Jamais le suspense n’a été aussi grand. Jamais les risques n’ont été aussi importants pour un pays, pour un continent. Même si la campagne a confirmé une défiance assez générale des électeurs envers les candidats - une tendance qui a profité aux plus populistes d’entre eux - l’intérêt pour cette élection présidentielle demeure très grand. En France, évidemment, mais aussi en Belgique. Car nous sommes tous concernés par ce qui se passe dans l’Hexagone.

L’enjeu de cette élection est double : français, bien sûr, mais aussi, surtout, européen. Il s’agit d’abord d’un vote destiné à choisir le prochain président de la République française. Un homme, ou une femme, aux pouvoirs très étendus, notamment en matière de politique internationale, et au statut bien plus monarchique que celui qui entoure nos rois. Un homme ou une femme qui, en l’espace d’un quinquennat, disposera, pour autant qu’une majorité suffisante le soutienne, des atouts nécessaires pour appliquer à la France les réformes économiques, sociales dont elle a besoin. Car si des signes timides de redressement se manifestent, le pays reste très en deçà de ses capacités réelles, bloqué par des corporatismes, des syndicats frileux, paralysé par l’inaction d’un président sortant, intelligent, drôle, mais velléitaire, mou, incapable de fixer des priorités.