Edito

Un édito de Francis Van de Woestyne.

Il y a, en Belgique, un très fort sentiment d’appartenance à la province. Un Luxembourgeois se définit souvent par rapport à sa terre, ses magnifiques forêts, ses belles campagnes, ses artisans, ses PME. Le caractère frondeur, rebelle revendiqué des Liégeois est un fait historique et fédérateur. Dans la province de Namur, on cultive souvent une sorte de douceur, de sentiment de bien vivre. Le Hainaut, certes très étendu, a ses caractéristiques propres. Même si être de Charleroi, de Mons, de Tournai ou de La Louvière, ce n’est pas la même chose, on s’y sent hennuyer. Les Brabançons pourront peut-être nous dire quelle âme caractérise la jeune province. En Flandre, c’est pareil : ne confondez jamais la Flandre-Occidentale et Orientale. Ne dites pas à un Limbourgeois qu’il ressemble à un Anversois. Cette mosaïque provinciale belge est réelle. On aurait d’ailleurs pu concevoir un fédéralisme basé sur les provinces. Il eut certainement été moins "centrifuge" que le fédéralisme dual d’aujourd’hui. Raison pour laquelle le fédéralisme à trois voire à quatre est préférable.