Edito

Faut-il maintenir intacts les pouvoirs du Roi ?

Citons Albert II : "Le rôle du Roi, et sa légitimité, est de se mettre au service de la démocratie et de ses concitoyens, seuls dépositaires de la souveraineté". C’est l’évidence : tous les pouvoirs émanent de la Nation. Le seul Souverain, c’est le peuple. Posons alors ces trois questions.

1. Pourquoi une monarchie ? Parce que dans un pays aussi particulier que la Belgique, on n’a pas trouvé de système plus adéquat, plus efficace, plus pertinent pour faire en sorte que les Communautés et les Régions coexistent et assurent le bien-être de la population. 2. Faut-il modifier ce système ? Des changements sont déjà intervenus, notamment dans les dotations. A l’avenir, une plus grande transparence, un contrôle accru des dépenses royales est souhaitable. Toutes les institutions y sont soumises. Pour le reste, le droit de grâce et la nomination des ministres ne correspondent déjà plus à la réalité. La sanction des lois devrait être automatique dès lors que le Parlement s’est prononcé.

Il est un domaine où le rôle du Roi doit être préservé : lors des crises politiques. Parce que ce pays complexe, incertain, a besoin, alors, d’un sas de décompression, d’un endroit où viennent s’exprimer les colères, les rancœurs, les doutes, les espoirs. Ce n’est pas pour les beaux yeux d’un monarque ou de sa femme qu’il faut maintenir cela, c’est pour stabiliser un pays que des vautours guettent.

3. Et Philippe dans tout cela ? Il est impensable qu’un Roi moderne exerce un magistère d’influence comme au temps de Léopold Ier. C’est dans ses actes, dans ses paroles, que Philippe devra démontrer qu’il respecte les limites de la fonction qu’il va occuper. Facile. Il suffit qu’il suive un exemple : celui de son père.