Edito

Un commentaire de Dorian de Meeûs

Ce vendredi, la démocratie a la migraine… surtout dans le sud du pays. Comment une coalition de deux partis (PS et cdH) peut-elle balayer ainsi la demande de plusieurs formations de recompter les voix dans la circonscription de Charleroi ? La commission a pris 3 jours pour déposer son rapport et ses conclusions. Si les votes sont serrés (14 voix pour permettre au PTB de décrocher un siège), si le nombre de votes déclarés nuls est très important, si des sièges peuvent passer d’un camp à l’autre,… évidemment qu’un recomptage des voix est souhaitable, mieux, nécessaire. C’est une question de crédibilité, de légitimité.

Ici, nous sommes face à une situation regrettable d’élus qui doivent estimer si ‘oui’ ou ‘non’ l’élection qui leur a offert leurs sièges et mandats est validée. Un tel conflit d’intérêts où l’élu est juge et partie est juste inacceptable dans un Etat moderne. Les nouveaux élus doivent impérativement revoir cette législation afin qu’une cour constitutionnelle –ou autre organe indépendant– soit le seul compétent pour valider tous les recours en matière électorale.

Que le recours soit, dans le cas présent, utilisé par des élus de l’opposition comme moyen de blocage ou pas, la décision finale ne peut incomber aux parlementaires.

Il est essentiel que chaque citoyen ait le sentiment que son vote compte. En cas de doute(s), il est tout à fait légitime de recompter les voix. Refuser cela à un candidat, qu’il soit PTB, PP, MR, PS, cdH ou Ecolo, n’est en rien justifiable. A Namur, la nouvelle majorité craignait de perdre un ou 2 sièges. Et alors ? La voix du peuple doit être entendue et respectée… Ceux qui craignent le choix des électeurs ne peuvent prétendre les représenter au Parlement.