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Alors que Carrefour promeut la voie du réutilisable, cinq pour cent de vos clients l'ont choisie. C'est peu...

Exactement, c'est insuffisant si on veut inverser la tendance. Il y a moyen de considérablement diminuer la quantité de sacs jetables. A partir de la semaine prochaine, nous allons d'ailleurs tester le sac jetable payant (à deux cents) dans deux supermarchés. L'objectif est de voir comment les clients vont réagir, sachant qu'il existe aussi une alternative réutilisable (plus chère, mais qu'ils ne payent qu'une fois).

Pour une marque comme Carrefour, ce combat contre les sacs jetables n'est-il pas un passage obligé, important en terme marketing pour le groupe?

Chacun, consommateur et commerçant, se rend compte qu'on utilise plus de sacs que ce dont on a réellement besoin. Il y a une prise de conscience générale de la nécessité de diminuer la quantité de déchets. Ce n'est pas qu'une question d'image: la réduction de la masse de déchets et l'utilisation de matières premières sont des responsabilités que nous avons par rapport aux générations futures. Ainsi, l'argent que nous récolterons par notre test sur les sacs payants servira-t-il à financer un projet environnemental.

Pourquoi ne pas envisager la solution radicale de certains distributeurs, de ne plus donner de sac du tout?

Le client attend de son distributeur que des alternatives lui soient proposées. Il y a une demande clairement exprimée. En dix ans, les citoyens ont beaucoup évolué. Mais chez Carrefour, ils s'attendent à un certain service. En développant des alternatives durables, on apporte une solution concrète. Reste qu'on ne peut choisir à la place du consommateur: notre rôle n'est pas d'interdire, mais de travailler à la réussite des alternatives, pour influer sur les comportements. Supprimer les sacs en plastique? Cela équivaudrait à interdire à un citoyen d'utiliser sa voiture parce qu'elle est un facteur de pollution

© La Libre Belgique 2005