Opinions

Une opinion de Stéphanie L., enseignante, mère et auteure du blog "Mon tout p'tit monde".


C’est un fait : les enseignants bénéficient de deux mois de vacances en été. Je vois déjà les acharnés étaler des commentaires critiques et acerbes imaginant ces huit semaines idylliques à ne rien faire qu’à voyager dans des contrées lointaines, buller et s’occuper de ses enfants (parfois seul(e)s, oui car les couples d’enseignants sont tout de même rares).

Chacun voit midi à sa porte, dit-on, mais, il faut bien l’avouer, les vacances des professeurs ont toujours fait couler de l’encre.

Comme la période s’y prête à merveille, je voudrais simplement mettre, un tant soit peu, les choses au clair à ce sujet. Je m’appuie sur ma propre expérience en tant qu’enseignante du premier degré et ma propre manière de m’organiser (école versus famille recomposée versus vacances).

Pour commencer, ou pour finir plutôt, l’année scolaire se termine souvent sur les chapeaux de roue, entre les fêtes de fin d’année, les présentations diverses aux parents ou aux autres classes des projets réalisés, les rendus des livrets ou cahiers de réussite, l’accueil des parents, l’adieu aux élèves et les kermesses… L’année scolaire doit être bouclée, la classe rangée (d’autant plus si l’on change de classe ou niveau). Alors, à moins de posséder des pouvoirs surnaturels, nous avons besoin de consacrer un temps sur ces deux mois pour aménager, ranger, trier.

Ce temps peut facilement ressembler à un parcours du combattant, exactement ce que j’ai vécu l’année passée par exemple, intégrant une nouvelle école et une ouverture de classe, avec en plus un changement de programme, ce qui impliquait de revoir tous les documents pédagogiques de base (cahier journal, programmation, progressions, fiches de préparation et j’en passe). Un vrai régal !

Cette année, une partie du mois d’août sera consacrée à cet aménagement, réaménagement, rangement, lorsque mes filles seront en vacances avec leur père, ce qui me permettra de mettre Oscar (mon fils) à contribution du haut de ses 19 mois (sic !, je compte bien sûr sur lui pour tout déranger).

Ensuite, je mets souvent cette période à profit pour me documenter, lire des ouvrages qui pourront enrichir ma pratique ou m’éclairer sur des sujets que je ne maîtrise pas forcément (enseigner à des enfants présentant des troubles spécifiques par exemple, si l’on connaît la composition de sa classe).

Et puis, il y a une bonne part de charge mentale dans notre métier : évidemment, nous travaillons en frontal avec des êtres en devenir, nous ne pouvons que nous interroger - très régulièrement - sur nos pratiques face à telle ou telle difficulté rencontrée par nos élèves.

Enfin, la préparation de la rentrée et des cours occupe également une belle partie de ces congés estivaux. Oui, car je ne compte pas arriver les mains dans les poches le 1er septembre prochain ! Je me suis d’ailleurs entendu dire cette année : "Tu arrives à 7h30 à l’école ? Cela fait tôt !" Eh bien oui, une classe, cela se prépare également avant l’arrivée des élèves ou avant de quitter l’école. Bien sûr, la rentrée en elle-même est à réfléchir et à mettre en place au sein de sa classe (mais aussi en équipe), ainsi que plancher sur une bonne partie des premières semaines, voire de la période entière, car un début d’année peut être intense en réunions et organisation. Alors, commencer sur les rotules, ce n’est pas pour moi.

Voilà donc, un peu plus d’une semaine que nous sommes en vacances et je peux vous assurer que j’ai déjà pas mal travaillé - pour ne pas avoir à gérer tout à la fin du mois d’août - et que j’attends ma livraison d’ouvrages pédagogiques.

Bon, mais rassurez-vous, je trouve tout de même le temps de décompresser et de profiter des doux moments estivaux avec mes trois loulous et ma famille !


Retrouvez en intégralité tous les billets de Stéphanie L. sur son blog : http://montoutptitmonde.com/