Opinions

L’auteur et éditeur belge, André Versaille, publie depuis lundi, sous forme de feuilleton quotidien, une série de textes qui constitueront "Les musulmans ne sont pas des bébés phoques", un ouvrage à sortir en septembre prochain.

Entre-temps, ses épisodes animent le débat d’idées sur un blog du journal "Le Monde", au moins jusque fin juin.

Au centre de sa critique, "sa Famille", la gauche de la gauche, des "hérauts du padamalgam" en plein déni qui, criant à l’islamophobie à tout-va, nous empêchent, dit-il, de regarder en face un certain islam sectaire et tyrannique.


Depuis cinq jours, vous publiez quotidiennement un épisode du feuilleton au titre claquant de "Les musulmans ne sont pas des bébés phoques", sur un blog associé au journal "Le Monde". Avant d’en venir au fond, une question pour l’éditeur que vous êtes : pourquoi cette forme de feuilleton ?

D’abord parce que je suis un enfant des romans-feuilletons. Dumas, Sue et du Terrail ont enchanté ma jeunesse. C’est à un éditeur qui paria sur l’idée de retenir le public en publiant une histoire en épisodes que l’on doit ce format dont je m’étonne par ailleurs qu’il ait disparu. Je me suis donc dit que, pour un ouvrage polémique tel que celui que je prépare, cela m’intéresserait d’en faire un feuilleton avant un livre. Ensuite, il y a un autre objectif. Je souhaite ouvrir le débat à ceux qui veulent confronter leurs idées aux miennes. Je suis d’ailleurs très content de participer, chaque jour, à de vraies discussions argumentées. C’est d’autant plus passionnant que souvent aujourd’hui, sur Internet, les échanges tournent vite aux injures…

Ont-elles lieu sans filtre, ces discussions ?

Des amis m’avaient mis en garde en me disant que j’avais plus à y perdre qu’à y gagner. Je ne pense pas… Personnellement, j’aime discuter avec des gens dont je ne partage pas l’avis. C’est le plaisir du débat. Et je dois dire que, chaque fois que j’ai discuté avec quelqu’un qui ne pense pas comme moi, j’ai revu ma position et j’ai la faiblesse de croire que l’autre aussi. C’est cela qui m’intéresse. J’ai la nostalgie de la conversation.

Pouvoir dire les choses : c’est aussi de cela qu’il est question dans vos textes. Dans l’avertissement qui ouvre votre page, vous résumez ainsi ce dont il s’agit : "Du malaise de bien des progressistes face à un certain islam sectaire tyrannique, au point de traiter d’islamophobes et de racistes ceux qui prennent la liberté de le critiquer." A ce point-là ?

Mais bien sûr ! L’amalgame que l’on fait entre les musulmans et l’islamisme sectaire n’a aucun sens. Je précise que je qualifie d’islamistes, non pas évidemment les musulmans pratiquants, mais bien les intégristes fanatiques qui veulent imposer de force un islam radical. Ou par le terrorisme comme Daech, ou par les méthodes judiciaires obscurantistes en cours en Arabie saoudite.