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Pour ou contre un tel changement
Mis en ligne le 23/10/2008
C'est au prix fort que l'Eglise catholique paie aujourd'hui plusieurs siècles d'autoritarisme. Après le PSC et la FSC, voilà que l'UCL voudrait faire disparaître son "C". Les partisans de cette tendance se trompent cependant de cible. Depuis un certain temps déjà, l'Eglise n'intervient plus dans ces institutions. Par contre supprimer ce C revient à renier sa spécificité et à rejeter son identité.
Pour l'UCL, le C signifie uniquement envisager l'étude dans la perspective d'une anthropologie chrétienne, c'est-à-dire par référence aux valeurs qui servent de fondement à notre culture occidentale. L'argument de faciliter l'accès à des étudiants d'autres cultures est un leurre : déjà actuellement ils sont présents en nombre à l'UCL. Par contre, ignorer magnanimement notre identité à une époque de mondialisation où les autres cultures affirment la leur avec force, risque de menacer l'avenir de notre culture et de ses valeurs". (S. Marcus Helmons)
"J'ai fait mes études à l'UCL. Le côté chrétien ne m'a jamais perturbé. Je ne vois vraiment pas pourquoi on changerait ce nom. Il n'y a rien de mal à être chrétien. Ca commence à bien faire de s excuser pour tout, d avoir peur de blesser les musulmans (car c est bien de ça qu'il s'agit non ?). Que ceux qui n'aiment pas le côté chrétien étudient ailleurs !" (Pater)
"Il me semble que des musulmans étudient à l'UCL, je crois plutôt que ce sont les athées qui viennent nous expliquer que la liberté, c'est de ne pouvoir porter ni croix, ni foulards. Drôle perception de la liberté où le fait d'arborer un signe de religion devient choquant, signe d'un rejet de l'autre. La liberté, ce n'est pas l'uniformisation. Elle s'exprime d'autant plus dans le droit à la différence, aux individualités de chacun dans le respect de l'autre. Je n'oublierai jamais ma prof de morale, fière d'avoir persuadé deux musulmanes de ne plus porter leur foulard au sein de l'école. Au nom de quoi s'immisçait-elle dans la vie religieuse de mes camarades, qu'était la différence entre mes copines musulmanes et mon amie qui avait à son cou une croix juive ou encore l'autre une croix égyptienne ?" (Schrab)
"Amusante tout de même l'une des raisons invoquées : "Il est essentiel que des étudiants issus de familles appartenant à d'autres traditions religieuses ou philosophiques puissent se sentir non seulement tolérés ou accueillis, mais pleinement chez eux dans notre université". Et cela au moment où je lis dans "Le Monde" que de plus en plus d'élèves musulmans français se réfugient dans les écoles catholiques, synonymes de qualité. Qui s'offusquera d'étudier dans un contexte "catho" ? Contexte qui personnellement, m'a toujours semblé bien moins fermé d'esprit que l'ULB où j'ai séjourné..." (Talisker)
"C'est incroyable comme les chrétiens peuvent se braquer eux aussi dès qu'on touche à leur petite religion... tout autant que des intégristes, ils s'émeuvent de voir disparaître leur marque, leur trace de pouvoir sur les gens... Qu'on soit juif, musulman, chrétien, martien ou même bouddhiste, Dieu ne nous aide pas à faire nos études et ce n'est pas la disparition du mot catholique qui va changer la donne. Quant à supposer que la peur qui s'y cache est de voir apparaître des écoles islamiques, c'est vraiment absurde...
Enfin, la religion en elle-même devrait un peu évoluer. Passons plus de temps à réfléchir à nos actes, plutôt que d'espérer que la prière va faire bouger le monde ! Si il y a un dieu, alors il est le même pour tous, pas besoin donc de séparer les religions, car les religions sont le produit de l'homme, façonnées pour régner". (Zach)
"La mue du PSC en CDH m'avait inquiété au départ puis je m'en suis réjoui en voyant l'ouverture qu'elle a accomplie. Le passage d'UCL en UL ne peut se faire que si la référence chrétienne du nouvel ensemble est renforcée par ailleurs. La question est de savoir comment". (Philippe Mi)
"Les confrères que l'on rencontre lors des conférences à l'étranger ne comprennent rien à la situation en Belgique. Le terme "Université de Louvain" est bien plus général et clair que UCL et surtout KULeuven. De plus, Louvain en anglais reste Louvain. Nous ne nous positionnerons donc plus comme le pendant francophone d'une université qui s'est scindée il y a 40 ans. Tout le reste et les discussions philosophiques ne sont que détails". (Yves)
" Au sortir du très beau livre d'Olivier Le Gendre, "Confession d'un cardinal", comment ne pas être interpellée par la convergence : le "C" de l'UCL mis en discussion et l'évocation de Sœur Emmanuelle ? Oui, l'institution catholique est appelée à disparaître, même si ça fait mal de voir mourir sa mère... Oui, ce qui restera et doit rester, c'est ce qui, concrètement, manifeste la tendresse de Dieu. Sœur Emmanuelle en est aujourd'hui l'icône. Et là, pas de discussion. Toutes et tous le reconnaissent : c'est ainsi que s'exprime le "C" de Christ, dans toute sa grandeur et toute son humilité". (Cécile Jacquerye-Heusers)
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