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Polémique
Encore un "C" qui s’en irait!
(Charles Delhez)
Mis en ligne le 28/10/2008
On peut aisément comprendre que certains souhaitent la disparition du "C" de l’Université Catholique de Louvain. C’est dans l’air du temps. Mais ne peut-on y voir un aveu implicite que notre société n’est ni pluraliste, ni tolérante, puisqu’il faut gommer son histoire et son identité pour se faire accepter? Ne serait-on pas en retard d’une étape? Pour accueillir les musulmans, qui le restent, faut-il renoncer à être catholique! La valeur compétitive de cette université souffrirait donc de ce "C", symbole d’une identité catholique considérée comme étroite. Ne serait-il pas tout autant riche d’une tradition multiséculaire d’excellence? Il s’agit donc de s’insérer dans la compétitivité internationale alors que je croyais que l’université se voulait un lieu de distance critique par rapport à l’évolution du monde. C’est le triomphe d’une vision ultralibérale qui, dans le domaine financier, montre si bien ses limites actuellement. Sans faire de l’Eglise une société parfaite, serait-elle la seule au monde à mériter notre vindicte? Supprimer le "C" est un acte symbolique. Certains en feront une sanction contre l’Eglise. Permettez-moi d’y voir un renoncement à un idéal. Personnellement, j’étais heureux de cette lettre qui, accolée à la réputée université de Louvain - faudra-t-il dire maintenant Ottignies-Woluwe, pour renier l’histoire jusqu’au bout? - manifestait l’ouverture et le pluralisme dont peut être capable ce monde ecclésiastique que l’on se plaît - pour les besoins de la cause - à déclarer fermé. Et l’Eglise ne serait-elle que Rome - qui sert de repoussoir - ou bien est-elle aussi le sourire de Sœur Emmanuelle? Ou encore ces institutions séculaires portées par elle sur les fonts baptismaux et qui ont marqué positivement notre pays: universités, collèges et écoles, mouvements de jeunes, hôpitaux. Ceux qui quittent l’institution en vivraient-ils nécessairement mieux le message hors les murs? Qu’on se le dise: ceux qui, aujourd’hui, veulent garder leur identité chrétienne de manière non pas solitaire, mais communautaire, doivent, plus que jamais, trouver des lieux de ressourcement qui ont l’audace d’afficher la couleur. Les communautés chrétiennes, comme au temps des premiers siècles, risquent bien d’être le seul lieu où l’on puisse cultiver la mémoire de l’homme de Nazareth dont le message subversif demeure une espérance en l’homme.
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