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Témoignage | Université
Une rentrée à Louvain-la-Neuve
Renaud Homez
Mis en ligne le 23/11/2009
C’est toujours avec un sentiment d’émotion et d’excitation que l’étudiant belge s’apprête à démarrer une année universitaire. Il sait bien, même les vieux le disent, que ces années-là sont les meilleures de la vie. Rien ni personne ne pourrait l’empêcher d’en jouir comme bon lui semble : les parents sont loin, la ville lui appartient.
Alors, lorsque notre étudiant arrive en gare de Louvain-la-Neuve pour la première fois, il est bien décidé à en découdre. Il est d’abord surpris de voir que, aussitôt sorti du train, on lui tend quelques godets de sangria en guise de bienvenue, à même le quai. Des étudiants coiffés d’une calotte lui proposent d’emblée une orgie estudiantine qui se tient le soir même. Il n’en demandait pas tant. Légèrement éméché par la sangria, il lui faut maintenant trouver son kot. Tâche qui se révèle difficile, et pour cause : les maisons, les rues et les arbres semblent avoir été reproduits à l’identique, dans un style un peu "Lego", très fonctionnel, presque communiste.
Mais la chaleur d’une ville ne se mesure pas à son architecture mais aux gens qui l’habitent. Louvain-la-Neuve allait le lui prouver de façon éclatante. Il finira par trouver son kot et dedans ces six co-kotteurs, affalés dans des sofas, déjà entrain d’écluser des litres de bières. Une année en kot, cela se fête le premier soir, et tous les autres soirs aussi. Le lendemain, réveil brutal.
L’étudiant, plein de bonne volonté, s’était juré d’aller à la première heure de cours, à 08h30. Tentative louable mais avortée. Deux heures de cours pendant lesquelles il ne fera rien d’autre qu’épier les demoiselles de l’auditoire, l’occasion pour lui de repérer les quelques avantages que peuvent procurer des études en droit. Ce critère ne fut d’ailleurs pas sans importance dans le choix de ses études. Les autres soirs (à Louvain-la-Neuve, les jours n’existent pas) furent pareils au premier : beuveries, sorties en cercle et enfin quelques heures d’un sommeil comateux.
L’étudiant fréquenta de moins en moins les cours, jusqu’à ne plus les fréquenter du tout. Sur une semaine, le bilan était lourd : cinq soirs, cinq orgies, deux heures de cours. Une équation qui allait se répéter avec une régularité sans faille tout au long de l’année. Il n’en doutait pas. La rentrée avait bien commencé.
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