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Politique

Au CDH, la démocratie est un gros mot

Abdelghani BEN MOUSSA

Mis en ligne le 10/12/2009

Ma candidature à la fonction de président du parti a été refusée. L’élection présidentielle ressemble à une quasi-désignation. Boycottons ce scrutin au résultat connu d’avance Ethique : montrons l’exemple par une interdiction du cumul pour les mandataires CDH.

Au CDH, la démocratie est un gros mot". C’est le titre d’un édito paru dans un quotidien national le 17 novembre dernier décrivant le processus de renouvellement de la présidence du CDH. Il est difficile de soutenir le contraire et mon cas ne fait que confirmer, hélas, ce constat.

C’est suite à mon retrait - motivé par un désaccord sur notre programme électoral 2009 - des listes régionales de juin dernier que j’ai pris la décision de me porter candidat à la fonction de président de mon parti. Membre depuis une dizaine d’années, j’ai participé à son évolution, notamment au processus qui a conduit à l’adoption de la "Charte de l’humanisme démocratique" en 2001 et à la naissance du cdH en 2002. Je me suis par ailleurs jeté à l’eau en 2004 et en 2006 en tant que candidat.

Mais le 23 novembre dernier, le bureau politique, s’appuyant sur un Collège des assesseurs ad hoc, a considéré que je n’étais pas membre depuis 3 ans "consécutifs", en violation des statuts. En effet, sur la dizaine d’années de mon affiliation, ma cotisation de 2008 serait manquante. Le bureau politique me prive donc de la possibilité de me soumettre au suffrage des membres et de défendre auprès d’eux un projet intitulé "Humanisme et démocratie, des valeurs à réaffirmer. Centre, un ancrage à confirmer" (1).

La procédure arrêtée par le Collège des assesseurs est entachée de nombreuses irrégularités. A tel point que je pourrais parfaitement contester devant une juridiction cette élection et obtenir son invalidation. Mais je renonce à emprunter cette voie et ce, pour deux raisons : d’une part, je suis convaincu que le respect de la démocratie au sein d’un parti politique ne s’impose pas par des décisions de justice; d’autre part, notre pays traverse actuellement une zone de fortes turbulences socio-économiques et institutionnelles, avec des échéances importantes en approche (BHV et présidence de l’UE en tête). Il est indispensable de maintenir une certaine stabilité. Je ne prendrai donc pas le risque de nuire à cette stabilité en plongeant mon parti dans une crise.

Je n’en souligne pas moins que cette élection ressemble à une quasi-désignation. Ce genre de pratique antidémocratique avait cours il y a plus de 20 ans de l’autre côté d’un mur dont on a célébré la chute il y a quelques jours.

Le débat que je souhaitais avoir avec les membres de mon parti concerne des préoccupations largement partagées au sein du CDH. Ces préoccupations vont de la réaffirmation de ses valeurs aux questions relevant de l’éthique et de la démocratie interne, en passant par une révision de son positionnement politique et la redynamisation de ses organes internes, sans oublier le rôle central des militants.

Dans ma note, que j’ai transmise au Collège des assesseurs et après l’envoi de laquelle ma candidature a été jugée irrecevable, je soumets des propositions concrètes :

- concernant l’identité du parti : après sept années d’existence du CDH, je suggère l’approfondissement des valeurs de l’humanisme démocratique et je rappelle la nécessité que ces valeurs soient partagées par l’ensemble des membres, ce qui est loin d’être le cas actuellement;

- concernant le fonctionnement et l’animation : je prône la redynamisation des sections locales et la remise sur rails du centre d’études (CEPESS);

- concernant l’éthique et la bonne gouvernance : il me semble nécessaire de montrer l’exemple par une interdiction du cumul dès les prochaines élections et ce, pour tous les mandataires CDH;

- concernant l’élaboration des listes électorales : je crois indispensable d’insuffler plus de transparence et de respect du choix des militants à travers l’organisation de primaires pour les têtes de listes.

En particulier, je plaide comme Bruxellois pour l’instauration, dans le cadre des négociations institutionnelles, d’une "communauté urbaine" incluant la Région de Bruxelles-Capitale, comme volet à part entière de la solution à négocier pour la scission de BHV. Ce sont là quelques-unes des principales idées de mon projet de candidature avortée.

Je suis conscient que ce sont là des questions délicates, pas qu’au CDH d’ailleurs. Mais j’estime que le renouvellement de la présidence est un moment opportun pour les aborder sereinement et pour avoir un débat qu’il revient aux militants de trancher démocratiquement. Malheureusement, le dispositif mis en place par la direction actuelle du CDH a rendu ce débat impossible, ce qui m’amène à considérer que la seule réaction digne à opposer à ce déni incontestable de démocratie est d’envoyer un signal aux actuels et futurs occupants de la Rue des Deux Eglises : le refus de ce mauvais scénario par le boycott d’un scrutin dont le résultat est connu d’avance.

(1) Disponible sur www.democratehumaniste.be

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Abdelghani BEN MOUSSA est militant et membre du comité de section CDH à Schaerbeek. Candidat refusé à la fonction de président.

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