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Architecture
Sauver la mémoire de l’Equerre
Mis en ligne le 16/03/2010
Le succès des expositions et des publications consacrées aux figures majeures de l’architecture moderne belge démontre à l’envi la vitalité de la recherche et l’intérêt croissant du grand public pour l’architecture du XXe siècle. Le groupe L’Equerre par sa réflexion sur l’architecture "rationnelle" et son investissement dans les grands débats de l’avant-garde internationale occupe une place de choix sur la scène belge. Pourtant, c’est la destruction des archives du groupe retraçant plus de cinquante années d’architecture et d’urbanisme qui suscite les pires inquiétudes dans la communauté scientifique.
Au lendemain de la faillite de l’agence en 1982, une importante partie du fonds d’archives (2500 rouleaux à plans, plus de mille boîtes à archives ) est récupérée par l’Institut Lambert Lombard de Liège qui dispose de peu de moyens pour s’occuper du fonds. Les déplacements successifs de l’institution aboutiront à une première destruction de l’ensemble documentaire. En 2007, une mise en garde est relayée dans la presse spécialisée. Sans effets Pendant près de trois ans, le fonds est laissé à l’abandon dans des locaux désormais sans surveillance suite au déménagement de l’école d’architecture. En 2008, lors du transfert des archives dans les réserves du Musée Curtius, un second "tri" est effectué. Des centaines de boîtes à archives, dessins, correspondances et revues ont irrémédiablement disparu Seules quelques centaines de rouleaux à plans ainsi que les panneaux de l’Exposition de 1952 ont échappé au désastre.
En réaction à cette situation catastrophique, c’est aujourd’hui au tour de la communauté scientifique internationale de lancer un appel pour la sauvegarde des derniers documents essentiels pour la compréhension de l’histoire de l’architecture et de l’aménagement du territoire en Belgique. Le groupe L’Equerre est reconnu aujourd’hui comme l’un des grands acteurs de l’architecture moderne. En s’inspirant des théories des CIAM (Congrès internationaux d’architecture moderne), il conçoit de nombreux plans d’aménagement et pose les jalons d’une structure métropolitaine à Liège. Parallèlement à ses travaux urbanistiques, le groupe L’Equerre est sollicité pour de nombreuses commandes bien connues des Liégeois, entre autres, la plaine de jeux Reine Astrid (1939), véritable manifeste du fonctionnalisme, le Palais des Congrès (1956-1958) et le siège du journal "La Meuse" (1960-1962).
C’est donc la mémoire d’une période cruciale dans l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme en Belgique qui est en jeu. A« l’image du traitement des archives de Paul Fitschy, membre fondateur de L’Equerre, réalisé par le Getty Research Institute à Los Angeles, le fonds doit être inventorié et conservé dans une institution ouverte aux chercheurs. La communauté universitaire, les écoles d’architecture et, plus largement, les pouvoirs publics ont un rôle moral à jouer. Ne peut-on envisager aujourd’hui ce qui a été fait outre-Atlantique il y a trente ans ? La Wallonie est-elle, aujourd’hui, capable d’investir le champ de l’architecture de l’après-guerre ? C’est en garantissant la pérennité du fonds L’Equerre que la Wallonie pourra enfin se lancer sur la voie de la reconnaissance de son architecture moderne. A la veille des grands projets structurants (tram, culture ), la bonne compréhension de l’histoire de notre architecture et de nos structures urbaines est une garantie de qualité pour les projets de demain. Il y a urgence
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