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Trop pénible, le métier d'enseignant?

Jean-Paul Duchâteau

Mis en ligne le 09/04/2011

Le métier d’enseignant s’est particulièrement complexifié. En matière d’éducation, il faut reconnaître que les professeurs ont de plus en plus affaire à des enfants rois, qui n’ont jamais été habitués à respecter les règles. Une opinion de Eugène Ernst, Secrétaire général de la CSC-Enseignement.

Par rapport à d’autres métiers, le métier d’enseignant est-il si pénible que cela ?Il y a des spécificités dans le métier d’enseignant qui le rendent difficile. Quand, par exemple, quelqu’un a plus de 55-56 ans est instituteur maternel, et qu’il a affaire à des publics de deux ou trois ans, il y a un écart d’âge qui, à la longue, rend le métier excessivement pénible. Il y a de plus en plus de générations auxquelles il faut faire face. Et même, avec des parents, il y a peu de partage. Le public scolaire a évolué de manière différente. Il est de plus en plus hétérogène. Les enfants proviennent d’origines multiples, ont des langues maternelles diverses, ont des familles à structures différentes. Donc, le métier d’enseignant s’est particulièrement complexifié ces dernières années. En matière d’éducation, il faut reconnaître que les enseignants ont de plus en plus affaire à des enfants rois, qui n’ont jamais été habitués à repecter les règles. Les concurrences entre établissements font en sorte aujourd’hui que beaucoup de parents se comportent comme des clients de l’école.

Est-ce que le nombre d’heures prestées et les différents congés ne constituent-ils pas une compensation à ces difficultés ?Si c’était vraiment une compensation, comment expliquerait-on que nous avons tant de difficultés à trouver des candidats enseignants ? Si c’était le plus beau boulot du monde, si tout le monde baignait dans l’allégresse, comment se fait-il que pas mal de jeunes ayant travaillé quelques années quittent la profession ? Visiblement, ce n’est pas aussi paradisiaque que certains le prétendent. A côté des temps de présence en classe, qui sont quand même à haute teneur de stress, il y a tout le travail de préparation et de contact qui s’ajoute à cela.

Pourquoi avez-vous rejeté le projet d’accord sectoriel ?Nos affiliés ont considéré que les propositions étaient globalement insuffisantes, parce que la compensation financière à l’allongement de la carrière a été jugée très minime.Est-ce que sur le principe, et au-delà des compensations financières, vous êtes d’accord avec le recul de la retraite anticipée (DPPR) ?Pour nous, la carrière d’enseignant doit être vue dans sa globalité. Par rapport à la fin de carrière, nous avions proposé au gouvernenemt une réduction du temps de travail à partir de 50 ans, avec la semaine des quatre jours comme cela se passe dans d’autres secteurs. Le gouvernement n’a pas retenu cette idée parce qu’elle ne générait pas assez vite des économies.

Pensez-vous qu’il y aura quand même moyen d’aboutir à un accord sur ce plan ?Pour expliquer cette fièvre qui s’est emparée des écoles, il faut savoir que nous avons dû vraiment pousser l’entrée en négociation. Nous avions d’autre part bien senti que le gouvernement de la Communauté française avait d’énormes difficultés à nous faire des propositions concrètes, parce que les différents partenaires de l’Olivier se mettaient difficilement d’accord sur l’enveloppe budgétaire. Ces négociations ont traîné excessivement longtemps. Et, au bout du compte, on est bien obligé de constater que nos affiliés refusent l’accord.

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