J-P. Du.
Sur la question des DPPR, départs précédant la pension de retraite, la question n’est pas simple. Qu’avec l’âge, le métier d’enseignant puisse être plus pénible et entraîne une certaine usure est compréhensible. Une opinion de Etienne Michel, Directeur général du Segec.
Comment appréciez-vous le rejet par les syndicats du projet d’accord sectoriel ?Nous prenons acte de leur refus de ne pas signer le protocole d’accord. En ce qui nous concerne, nous l’avons approuvé avec une réserve sur le volet de l’aide aux directions du fondamental. Nous continuerons à demander une augmentation de cette aide afin de la porter à un équivalent temps plein pour 500 élèves contre 1 000 actuellement. Nous insisterons auprès de l’autorité publique pour qu’une partie des marges budgétaires y soit affectée. Ainsi, si comme le demandent les syndicats, le gouvernement devait rouvrir les négociations, celles-ci devraient selon nous se poursuivre dans un cadre tripartite comme le prévoit le décret.
Que pensez-vous de la décision syndicale de partir en grève d’une journée ?C’est une décision qui est lourde de sens pour deux raisons : d’une part, on peut se remémorer les conflits antérieurs dans le secteur de l’enseignement qui ont été pénibles et ont laissé des traces. D’autre part, cela pose la question du dommage causé. Je voudrais me référer à une définition de la grève reprise dans le guide de législation sociale de la CSC : “la grève est un moyen de pression destiné par nature à causer un dommage”. En l’occurrence, le dommage concerne ici la garde des enfants. Selon les cas ce dommage sera reporté sur les enseignants non-grévistes, les directions d’établissements ou les parents.
La problématique de la prépension a manifestement posé problème. Quelle est votre position sur ce sujet ?Sur la question des DPPR, départs précédant la pension de retraite, la question n’est pas simple. Qu’avec l’âge, le métier d’enseignant puisse être plus pénible et entraîne une certaine usure est compréhensible. D’une part, je comprends donc que cette réduction des possibilités de départ anticipé suscite des réactions négatives; mais d’autre part je rappelle que l’accord prévoit un système qui répond à cette problématique. Le développement du tutorat ouvre également des perspectives. Des enseignants et des directeurs plus âgés pourront aider des plus jeunes à mettre le pied à l’étrier.
Par rapport à d’autres professions, le métier d’enseignant est-il si pénible ?En tout cas, je n’oserais pas dire de façon abstraite qu’il est plus pénible que d’autres métiers. Il y a une série d’autres professions qui peuvent l’être également. Il faut dire aussi que de nombreux enseignants trouvent un épanouissement professionnel et personnel dans leur métier.
La question du salaire est-elle le frein principal à l’engagement des jeunes dans la profession ?On ne peut pas dire que les enseignants sont significativement moins bien payés que les autres travailleurs. On peut toutefois s’interroger sur certaines particularités qui peuvent créer des difficultés au moment de “rentrer dans la carrière”. L’enseignant n’a que peu de temps d’adaptation. Le jeune enseignant doit être immédiatement performant lorsqu’il se retrouve devant sa classe. Autre particularité : l’enseignant n’accède pas immédiatement à une stabilité dans son emploi. Avant d’être nommé, son statut est celui d’un temporaire.